Comment aider l’apiculture à s’épanouir ?

Les villes à la recherche d’une croissance économique durable pourraient envisager d’investir dans une source apparemment improbable : l’apiculture urbaine. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les abeilles urbaines survivent mieux, produisent plus de miel et sont en meilleure santé que les abeilles rurales.

 

En outre, les abeilles urbaines ont un taux de survie hivernale de 65 %, contre seulement 40 % pour leurs homologues rurales. Les abeilles urbaines produisent également plus de 30% au cours de leur première année, de plus que le rendement des abeilles rurales.

À la lumière de ces faits, la culture de ruches dans un contexte urbain n’aidera pas seulement les villes à se développer économiquement, mais aura également un impact positif sur la santé des abeilles et, par conséquent, sur la communauté agricole.

Les abeilles prospèrent dans en milieu urbain

En bref, les ruches situées dans les villes produisent des abeilles plus saines et plus productives. En effet, les abeilles urbaines ont accès à une plus grande biodiversité, ce qui se traduit par une alimentation plus variée et un système immunitaire plus fort. Bien qu’il puisse sembler naturel que les ruches se développent mieux dans des environnements ruraux, la monoculture moderne expose les abeilles à des types de plantes moins variés et à davantage de pesticides.

La santé des abeilles est particulièrement importante aujourd’hui car, au cours de la dernière décennie, les populations d’abeilles ont connu un déclin spectaculaire dû au syndrome d’effondrement des colonies (CCD). Le CCD n’a pas de cause identifiée, mais il a contribué de manière significative à la diminution des populations mondiales d’abeilles de 30 % chaque année depuis 2006.

Les néonicotinoïdes, une classe d’insecticides, ont été associés à la disparition des abeilles, et leur utilisation est considérée comme l’un des facteurs possibles du CCD. Cependant, les abeilles urbaines ne sont pas exposées à ces produits chimiques agressifs, ce qui signifie qu’elles sont moins susceptibles de mourir du CCD, d’autant plus que les villes sont généralement des lieux plus sains pour les abeilles.

Les abeilles profitent aux communautés locales

À l’avenir, l’agriculture pourrait se tourner vers la location d’abeilles urbaines pour polliniser ses cultures, ce qui offrirait aux apiculteurs urbains une formidable opportunité économique. Les abeilles et autres pollinisateurs contribuent à 35 % de la production alimentaire mondiale, ce qui rend les abeilles essentielles à l’agriculture et à la vie végétale. Et, à mesure que les populations d’abeilles déclinent, le besoin de sources secondaires de pollen pour la production agricole augmente. Ainsi, la demande de location d’abeilles augmente. Si l’apiculture urbaine ne remplacera pas l’apiculture à grande échelle, elle peut contribuer à soutenir les zones les plus touchées par la diminution des populations d’abeilles.

Étant donné que certains des plus grands exportateurs de miel au monde sont des pays en développement tels que l’Ukraine, la Turquie et le Mexique, l’apiculture urbaine offre des possibilités de croissance extraordinaires. Et, en tant qu’entreprise, l’apiculture a des répercussions immédiates sur le développement régional. De plus, comme la plupart des tâches sont exécutées par les abeilles, l’apiculture est une activité de faible technicité qui ne demande ni temps ni travail.

Les habitants peuvent facilement démarrer quelques ruches comme source secondaire de revenus en vendant le miel comme culture de rente ou même comme culture d’exportation. En outre, le miel présente l’avantage, par rapport aux cultures périssables, ce qui permet aux producteurs de stocker du miel aussi longtemps qu’ils en ont besoin. Enfin, le miel a également des vertus médicinales, une valeur culturelle et une densité nutritionnelle, ce qui en fait une source utile de glucides pour les zones d’insécurité alimentaire.

Comment aider l’apiculture urbaine à s’épanouir ?

De nombreuses organisations à but non lucratif ont déjà reconnu la valeur de l’apiculture pour les pays en développement, servant de modèles que les gouvernements régionaux et locaux devraient suivre, car les investissements publics pourraient avoir un impact encore plus important.

L’une de ces organisations, Bees Without Borders, aide les populations des îles Fidji, de l’Ouganda, d’Haïti et du Kenya à utiliser l’apiculture comme source de revenus supplémentaires, et travaille sur des initiatives dans ces pays avec la conviction que l’apiculture peut être un outil pour des communautés durables. Leur travail en Ouganda, par exemple, a triplé le nombre d’apiculteurs qui ont accès au marché du miel en 2014, doublant les ventes moyennes par apiculteur à la fin du projet.

De même, Bees Abroad utilise l’apiculture comme un moyen de réduire la pauvreté. L’une de leurs initiatives dans le sud du Cameroun vise à établir des marchés locaux permanents du miel et, en 2012, ils ont enregistré une augmentation de 49 % des ventes de miel.

Enfin, Bee World Project soutient l’apiculture rurale et agricole dans les pays en développement, et travaille actuellement avec des groupes de femmes en République dominicaine pour tripler le prix qu’elles reçoivent par kilo de miel. La plupart des travaux visant à promouvoir l’apiculture en tant qu’outil de développement communautaire ont eu lieu dans un contexte rural.